LE TAIJI QUAN CHEN OU LA CIRCULATION DU QI

Dans les faits, le Taiji Quan Chen se révèle un exercice complexe couvrant de nombreux champs de connaissances. On peut définir, même si c’est un petit peu réducteur que le Qi est l’expression de la vitalité de l’être vivant. Dans la culture Chinoise la quantité et la qualité de Qi détermine le potentiel à vivre.

daoyin

Qi Gong ou Daoyin des Han de Mawangdui (Henan)

Parmi tant d’autres, la pratique du Taiji Quan est une discipline, qui peut influencer positivement la physiologie de l’individu, essentiellement du point de vue de son organisation musculo-squelettique, biochimique et psychique. Il est ainsi plus à même d’appréhender les difficultés de son environnement. Du point de vue martial, la connaissance fine du panel technique du Taiji Quan participe activement au développement de la vitalité du pratiquant. Cet aspect de l’instruction est indissociable de l’apprentissage de la discipline. Il définit le niveau de compréhension et de maitrise du pratiquant. Ainsi l’on peut définir que plus le degré de maitrise est important, plus le Qi (l’énergie vitale) abonde, de ce fait la volonté se manifeste clairement.
La culture des maitres du style Chen baigne la pratique dans le dogme du tao, les principes du Yi Qing, la médecine traditionnelle et de l’efficience martiale.
Il n’y a pas si longtemps encore, les cultures ésotériques étaient interdites d’expression par les instances politiques de la République Populaire de Chine, jugeant ces pratiques archaïques, primitives et donnant au reste du monde une mauvaise image du pays. Aujourd’hui les mouvements taoïstes sont à la mode jusqu’en occident et vivent un regain d’intérêt. Les principes taoïstes consentis autour de la notion d’énergie sont reconnus et initiés jusque dans nos sociétés cartésiennes. Le Taiji Chen appelé aussi « art de longévité » prône plusieurs types d’énergie. L’une d’elles « Chan Si Jing » est citée comme une force essentielle. Cette force est importante et est définie comme spiralée (enrouler le fil de soie). Elle constitue l’un des piliers de l’expression du Taiji Quan Chen.

Pour développer cette énergie il est intéressant d’appliquer les consignes suivantes :
voir aussi: Taiji conseils de l’Academie pour la pratique

– supprimer les crispations musculaire dans l’accomplissement du mouvement
– solliciter les tendons et les ligaments jusqu’au terme de leur flexion / extension
– lier le mouvement à la respiration pour favoriser la circulation du Qi
– déployer le mouvement en cercle à partir des différents plexus (mobilisation essentielle de la ligne centrale du corps, la taille, l’entre jambe et le plexus solaire en particulier)

Les centres ressources, les « Dan Dien » sont considérés comme les axes essentiels du mouvement. Pour en disposer, il est nécessaire de s’y appuyer constamment dans la pratique. L’art du Taiji Quan ne se contente pas de philosophie ou de conviction ésotérique, il faut pratiquer ! Mouiller le maillot si l’on peut dire, s’approprier les bienfaits de ce que je qualifie de Qi Gong en mouvement (le Taiji Quan) nécessite de s’exercer souvent et sur de longues années pour en saisir les clefs. Les avantages en jeu pour le pratiquant, sont d’ordre organisationnel et peuvent générer de profonds changements positifs (comme évoqué ci-après). A ce titre on peut définir le Taiji comme Qi Gong. La pratique favorise l’homéostasie où l’équilibre dynamique du corps, elle renforce son intégrité en dépit des contraintes extérieures. Elle augmente aussi les facteurs de longévité de l’individu.

Amélioration des états:

– biomécanique (composantes musculo-squelettique)
– physiologique (stabilisation du système endocrinien)
– psychique (mémoire, stabilisation émotionnelle)

Les bienfaits peuvent se manifester rapidement. Dès le début de la pratique on peut ressentir le rapport à soi et comprendre ce que le Taiji met en évidence. La pratique nous renseigne sur nos désordres structurels et nous invite à les remanier. Le travail du Qi Gong va de pairs avec le Taiji Quan et il permet de développer au delà d’un plus grand potentiel énergétique, une sensibilité accrue et une perception subtile. Quand on pratique le Taiji Quan, un terme qui revient souvent c’est « écouter », ceci détermine une grande capacité à percevoir.

Eclairage particulier sur les expressions, et points essentiels de la pratique
voir aussi: Les 10 points clefs du style Chen

Hanxiong Ta Yao = rentrer la poitrine et écrouler le rein

Expressions qui désignent le relâchement du thorax et de la taille, pour la poitrine on entend de décontracter en particulier la région du plexus solaire, pour la taille il s’agit d’effacer sans exagérer la courbure lombaire. Ces deux actions vont de pair, l’une influençant l’autre.
Ce processus tente à aligner la colonne vertébrale (l’arbre de transmission dans la pratique du Taiji Quan) afin de facilité la circulation du Qi tout au long de celle ci.

Sōng kuà / 鬆胯  = relâcher l’aine

Expression employé pour définir de relâcher l’entre jambe (solliciter le pli de l’aine en particulier)

Fàng sōng / 放鬆  = se décontracter

Expression qui désigne le relâchement en général, l’expression peu cibler n’importe quelles parties du corps

Yì niàn / 意念  = soutenir l’intention / conduire une action avec l’intention

Maître Wang Xi An défini que l’intention précède l’action, l’intention est lié à l’imagerie mental et sou-tend le mouvement du début au terme de son exécution. L’intention implique un acheminement conscient du geste pour le rendre efficient (il faut s’entrainer comme ci l’opposition était réelle) sans intention le mouvement est vide, inhabité, inanimé.