LE TAIJI CHEN 陈太极拳 ET LES QUATRE « TAIJI JINGANGS »

chenzhaokui

Chenzhaokui

Précisons d’abord qu’il existe plusieurs courants de Taiji Quan !

Je définirai ici celui qui m’est familier, le style de l’école Chen. Le Taiji de la famille Chen s’attache à développer sur un même plan d’importance les propriétés énergétiques, techniques et réalistes de sa méthode de combat. Il y a déjà plusieurs siècles que ce clan à développé le caractère  interne de ce style. Plus lent à se faire connaître que le populaire style « Yang » son voisin, ce Taiji s’est dévoilé tardivement aux yeux du monde.

Au fil du temps le principe martial du style Chen c’est imposé face à ses opposants, ainsi les techniques et les méthodes d’entrainement de ses combattants émérites sont devenues la référence. Cette tradition martiale est restée longtemps secrète et transmise de façon filiale dans la sphère familiale jusqu’au siècle dernier. Depuis toujours, les maitres du style peu nombreux et souvent engagés aux côtés du pouvoir, ont résolument dissimulé leur pratique.
Jusqu’à nos jours, le clan Chen n’avait pas ressenti le besoin de transmettre à d’autres son patrimoine, mais depuis les années soixante dix environ les choses ont changé, les maitres de la XIX ème génération se sont appliqués à faire connaître au delà de Chenjiagou (village natif du clan)  les vertus du Taiji Chen à travers le monde. Aujourd’hui, quatre entités principales reconnues en Chine sont identifiées comme les experts du système et sont surnommées les « Taiji Jingang » (hommes de bronze ou les Bouddha). Ils ont été formés par la vieille garde avant que la pratique ne s’évanouisse complètement.
En 1958 après de nombreuses années d’absence, Chen Zhao Pei (1883-1972) référence du clan Chen de la 18 ème génération et contemporain du grand Maître Chen Fake (1887-1957) s’inquiéta à son retour de Beijin, de constater la disparition de la pratique traditionnelle au village. « Chen » ce nom est lié au village et a marqué en son temps la région de son emprunte. Il décida alors de reprendre l’enseignement et de former des élèves.
Ainsi, à son projet de développement, il associa de jeunes pratiquants doués et motivés.
Wang Xian, Zhu Tiancai, Chen Xiao Wang, Chen Zenglei, formeraient la relève avec pour mission de faire renaître la pratique du Taiji Quan au village.
Le premier temps de formation des « Taiji Jingang » se déroula jusqu’à la disparition de Maitre Chen Zhao Pei.
En 1972, c’est Chen Zaokui fils cadet de l’illustre Chen Fake qui finalisera leur apprentissage, notamment pour l’enseignement des Qinna (techniques de luxation articulaire). Ces experts portent aujourd’hui encore et plus que jamais la responsabilité de la notoriété du Taiji Quan Chen. Ils voyagent aux quatre coins de la planète pour en faire la promotion et fédèrent un public toujours plus nombreux autour de cette discipline.

Pour éviter toute confusion auprès des lecteurs, de mes étudiants actuels et à venir, je  profite de cet article pour exprimer mes prises de position.

Nous devrions conférer au style Chen une mention spéciale pour avoir su préserver, en plus de ses vertues de santé sa dimension martiale intact!

Le style yang pratiqué aujourd’hui, est un taiji « soft » et très populaire, il le doit en partie à la politique du leader Chinois Mao Zedong, qui imposa à partir de 1949 dans tout le pays le rejet des valeurs traditionnelles, symboles d’une Chine passéiste et rétrograde (épisode historique de la longue marche).
A cette période et à fin de neutraliser toutes formes de réactivité, les arts martiaux traditionnels et efficaces comme le Taiji Quan Chen, furent interdits pour leurs substitués une pratique douce à caractère sportif. S’inspirant du modèle occidental, la République Populaire de Chine déclara la pratique sportive d’utilité publique dans le but de maintenir la nation en bonne condition physique. Ce fut l’avènement du moderne « Wushu », un ensemble de disciplines gymniques et sportives inspirées des arts martiaux traditionnels d’antan auxquels on a substitué le concept d’efficacité martiale par des prouesses acrobatiques qui sied à merveille aux amateurs de gymnastique.
Le Taiji du moment, à le tord d’avoir perdu son âme et de n’être associé qu’aux doux exercices de santé, conçus pour éveiller les corps appesanti par le manque d’activité engendré par nos modes de vie moderne. Subsiste aujourd’hui une pratique du Taiji Quan radicalement simplifiée, vulgarisée, issue du style «Yang» alors très populaire à l’époque (tout ces  faits ne rende pas justice à ce style) dans le but d’élaborer une gymnastique pour le plus grand nombre. Cette initiative à certainement découlée d’une bonne volonté, mais à contribué à appauvrir un art martial de haute renommée.

Mais le Taiji Quan Chen, ce n’est pas que cela !

En fait, beaucoup sont surpris d’identifier dans la pratique du style Chen un caractère martial prononcé et s’il est vrai qu’il possède de nombreuses vertus pour la santé mentale et spirituelle, il n’en reste pas moins une activité physique exigeante à même de développer une très bonne condition physique. Le Taiji Quan est un art qui porte intrinsèquement les valeurs de toutes les époques et qui traverse le temps avec autant de points de vues, qui peuvent parfois radicalement s’opposés. Ce trésor amené dans nos sociétés de l’orient, mérite d’être bien traité. Le Taiji n’est pas fait pour servir l’ambition, il n’est pas non plus l’incarnation de principes ésotériques contestables. Il est le symbole de l’endurance et de la persévérance, ont dit de lui qu’il est « l’art de longue vie ».
Le Taiji est simple et s’appuie sur de saines vérités ….
Maître Wang Xi An nous invitent par le message qui flotte au sommet de son pas de porte à Chenjiagou, à une pratique assidue, à l’abnégation et à l’humilité, des conditions indispensables à l’assimilation du principe du Taiji. Ainsi ces valeurs vont dans l’ordre naturel.

Le Taiji Quan reste un art accessible à qui en à l’envie. Sa pratique ne demande rien d’autre que de la motivation et d’avoir accès à un enseignement approprié. Il n’y a dans cet art ni mystère, ni magie, uniquement le reflets des qualités acquises des grands maitres.
Les quatre « Jingangs » d’aujourd’hui ont été pressentis pour être les gardiens et les ambassadeurs du styles Chen.

Si vous deviez faire du Taiji Quan, préférer le style Chen.